Nos adolescents sont-ils mal orientés ?

Nos adolescents sont-ils mal orientés ?

Nos adolescents sont-ils mal orientés ?

Cette question sur l’orientation des adolescents me préoccupe profondément, notamment au regard de mon expérience professionnelle. Pour cause, j’ai exercé durant cinq ans dans une structure d’insertion sociale et professionnelle. Ces établissements accompagnent des jeunes de 16 à 25 ans. Ils interviennent sur l’emploi, la formation, la mobilité, le logement et la santé.
En priorité, ces associations s’adressent à des jeunes déscolarisés ou en voie de l’être. Elles travaillent avec de nombreux partenaires et dépendent de fonds publics. Par conséquent, elles appliquent strictement les directives imposées par l’État. Autrefois, ces structures jouaient un véritable rôle social. Aujourd’hui, beaucoup fonctionnent comme des machines à produire des chiffres. Leur objectif principal rassure davantage les institutions que les jeunes eux-mêmes.
Ainsi, ces dispositifs favorisent rarement une prise de conscience réelle. Ils proposent souvent les mêmes formations. De nombreux jeunes choisissent alors une orientation sans connaître le métier visé. Ils se retrouvent dirigés vers des secteurs saturés, tout en ignorant ceux en tension. De plus, ils manquent d’une vision concrète du monde du travail. Les choix s’effectuent sous pression familiale, par effet de mode ou sur des conseils limités.

 

Par ailleurs, le système scolaire participe largement à cette désorientation. Il fabrique progressivement ces futurs « décrocheurs », qualifiés d’élèves en échec. Comme le souligne Jean-Paul Brighelli, l’école transmet de moins en moins les fondamentaux. Beaucoup d’élèves peinent à lire, écrire, raisonner ou développer un esprit critique. La qualité pédagogique devient alors un privilège réservé à une minorité. Quant à l’orientation au lycée, elle reste quasi inexistante et se résume à une plateforme impersonnelle.
Dès lors, proposer un accompagnement individualisé devient essentiel. Le coaching offre un espace d’écoute et de réflexion. Il prend en compte la personnalité, les envies, les capacités et les limites de chacun. Il permet aussi de découvrir les métiers, sans jugement ni stigmatisation. Ici, on ne parle pas d’échec, mais de maturation et de respect du rythme personnel.
A la question, nos adolescents sont-ils mal orientés ? Je réponds OUI.

Alexandra HOUSSIN

Article : Nos adolescents sont-ils mal orientés ?

Alexandra HOUSSIN